RESPIRON
RESeau des Populations Impactées par la ROcade Nord :
Union de quartier Tronche Sud
Fortuné Ferrini Insoumis - La Tronche
Union de quartier Ile-Verte - Grenoble
Association Vivre en Ville
Collectif des Locataires du Rachais - La Tronche
Union de quartier Petite Tronche
Contreforts de La Bastille - St Martin le Vinoux
Casamaures d’hier et d’aujourd’hui - St Martin le Vinoux
Union de quartier Jean Macé - Grenoble
Monsieur André Vallini Président du Conseil Général de l’Isère
Monsieur Le Président, Etant directement concernés par le projet de Rocade Nord que vous proposez, nous avons collectivement approfondi la réflexion sur ce dossier. Un certain nombre d’éléments, de fond comme de forme, nous amène à la conclusion que ce projet est loin d’être le meilleur choix dans l’objectif de résorber les embouteillages de l’agglomération grenobloise.
Sur le fond :
Nous sommes à une étape clé du développement des transports dans le bassin urbain qui sous peu atteindra le million d’habitants. Le signal fort en faveur de l’automobile lié à l’importance de cet investissement, annihilerait les efforts de ces dernières années vers les transports en communs et reporterait dans un futur lointain, par manque de ressources financières, la réalisation de plans de développement durable des déplacements dans la région grenobloise. En effet, le coût annoncé, suite à une étude préliminaire, n’est pas réaliste quand on connaît les dérapages des devis des tunnels et autres travaux de génie civil importants en zone très urbanisée. De plus, l’examen du devis préliminaire révèle de nombreux oublis.
D’autres solutions existent comme un plan volontariste et pluriannuel associant les différents modes de déplacements (trains, trams, auto,…) avec une politique d’incitation active pour leur utilisation « intelligente » (autoroute « apaisée », covoiturage,…) sur un territoire couvrant toutes les branches du Y grenoblois et pas seulement dans le cadre restreint de la Métro.
Sur la forme :
Ce projet date des années 1960 et ne prend pas en compte les éléments apparus récemment, tels que les études de trafic, l’impact de la mise en service de la ligne C du tram et surtout la montée inéluctable du prix du pétrole avec la nécessité impérative de protéger l’environnement.
Il ne respecte pas les recommandations officielles en matière de développement durable (schéma directeur, P.L.U. de La Tronche, Agenda 21), par exemple destruction des berges naturelles de l’Isère sur plus d’un kilomètre.
Les codes de l’environnement et du patrimoine seraient bafoués par la détérioration du site emblématique de la Bastille et la réalisation d’un viaduc au-dessus de la Casamaures.
Dans le domaine de la Santé Publique, l’implantation d’une rocade autoroutière entre une maison de retraite, un immeuble d’habitations de 350 personnes et la maternité du Pole Couples-Enfants (2500 naissances par an), même « dissimulée » sous une dalle engazonnée, serait contraire aux réglementations en vigueur et au bon sens le plus élémentaire.
Les directives européennes sur les seuils de pollutions atmosphériques et sonores ne seraient pas respectées. L’impact sur les populations riveraines, mais également sur toute l’agglomération grenobloise serait particulièrement nocif : la configuration de celle-ci dans une cuvette concentre la pollution et explique que depuis 2000, elle soit au « hit parade » des agglomérations françaises les plus polluées avec des conséquences sanitaires qui vont se révéler dramatiques. Car, cette infrastructure, comme toute nouvelle infrastructure routière, serait un « aspirateur à voitures » qui ajouterait ses nuisances.
L’absence ou le report « sine die » de la consultation publique, relève de méthodes bafouant la démocratie participative.
Aucune étude n’a démontré l’utilité de cette rocade pour réduire les embouteillages, elle est une réponse précipitée et inadaptée à l’exaspération des habitants de l’agglomération grenobloise qui sont obligés de résider de plus en plus loin du centre de celle-ci.
Sa réalisation dans des quartiers historiques, irait à l’encontre du besoin des habitants de se « ressourcer » car ils ne veulent pas d’un développement routier à la « Los Angeles » avec viaducs et tunnels. Elle entraînerait la destruction d’immeubles et de maisons qui font l’identité de ces quartiers et conduirait à un « bétonnage » inadmissible.
L’impact des vibrations, engendrées par le passage de 70 000 véhicules par jour, sur les sites à haute sensibilité technologique que sont le CHU, MINATEC et le CEA Grenoble, pourrait s’avérer très problématique et semble ne pas avoir été évalué.
En conclusion, le collectif « RESPIRON », qui représente actuellement plus de 3000 personnes, s’organise pour communiquer sur la problématique des embouteillages avec pour objectif de présenter les véritables enjeux à moyen et long terme et étudier les solutions les plus pérennes et les moins coûteuses pour l’ensemble de la collectivité. De telles orientations, ne peuvent être menées dans la précipitation en période pré-électorale. Nous vous demandons, par conséquent, d’engager avec les collectivités et les associations d’habitants impliquées, un vaste travail de réflexion, d’information et de concertation sur l’ensemble de la problématique des déplacements dans la région grenobloise.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président, l’expression de nos sentiments distingués.
Le 19 mars 2007 Les associations de RESPIRON



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